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La fenêtre
Pour les autres, pour les passants,
tu es simplement la fenêtre.
Pour moi qui t'aime du dedans
tu es ma plus profonde fête.
Celle qui accroît le regard et limite chaque nuage, la gardienne du paysage où je viens me perdre le soir.
J'ai le monde sous mes paupières mon front à ta vitre appuyé
et tu es glissante lisière sur le bord de l'illimité.
Reste ma sœur très patiente, fais-moi l'aumône d'un oiseau,
redis-moi les paroles lentes de cet horizon sans défaut.
Et posée entre ciel et terre sois ce chemin aérien près duquel doucement
je viens apaiser ma faim de lumière.
Anne-Marie Kegels
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