La poche
Au bord du temps, un layon s'est perdu
Sous la robe rousse d'un baliveau.
La sente agrippe un jour suspendu
Aux nuages noirs flânant tout là-haut.
J'ai glissé dans ma poche
Un morceau de ficelle
Et mon air de gavroche
Accroché aux semelles
De mes vieilles galoches,
Attache un bout du ciel.
Au-dessus du fil à l'éther volatile
Le vent tourmente le dessin des nues
Faisant frissonner la quête inutile
Du chemin obscur au tracé ténu.
Au creux de l'escarcelle
Quelques jolis cailloux
Escortent la ficelle
Au fond du fourre-tout
Et le fil ensorcèle
Chaque pas dans la boue.
Au bord du temps, un layon s'évapore
Sous un marécage à l'odeur terreuse.
Jusqu'au seuil du rêve il prend son essor
En s'égarant dans des eaux paresseuses.
J'ai glissé sous la roche
Un morceau du chemin
Et mon air de gavroche
Joue au petit malin
Quand au fond de la poche
Le monde est dans mes mains.